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Printemps 2013

Mot de la présidente


 

Pour la suite des choses...


Chers confrères, Chères consœurs,

 

En cette période un peu tourmentée que traverse le secteur oculovisuel québécois, je tiens d'abord à remercier chacun d'entre vous qui avez participé au cours des derniers mois à la consultation de l’Ordre concernant le rapport du Comité d'experts de l'Office des professions.  Que vous soyez d'accord ou non avec les conclusions de ce rapport, qui est celui d'un comité indépendant et non de l'Ordre des optométristes, je le rappelle, il était important de vous entendre avant de prendre position quant aux recommandations qui s’y trouvent.

 

Tant les échanges intervenus lors des réunions de Montréal et de Québec, que les réponses obtenues dans le cadre du questionnaire de consultation témoignent de votre intérêt marqué à l’égard des défis que pose ce projet de modernisation du domaine de l'oculovisuel. C'est à se parler qu'on peut se comprendre et c'est en écoutant vos préoccupations sur le terrain que nous pourrons à l'avenir agir pour le mieux pour vous et pour le public québécois.

 

Suite à cette consultation, force m'est de constater que nous devrons aussi améliorer nos communications aux membres. Cela ne vise pas que les communications écrites, mais signifie qu’il faut sans doute être plus présents sur le terrain, par des rencontres régionales par exemple, pour mieux vous expliquer les enjeux dont il est question et les impacts des différentes mesures considérées dans le cadre des travaux de modernisation en cours.  Car sachez-le, le travail ne fait que commencer.

 

L'optométrie a connu une grande progression au cours des 15 dernières années, pour le plus grand bien de la population québécoise, faisant de nous un véritable intervenant de première ligne en santé oculaire.  Nous sommes ainsi devenus plus que jamais les alliés des ophtalmologistes. Il nous apparaît aussi évident que l'opticien d'ordonnances est non seulement un professionnel compétent, mais qu’il est indispensable sur le terrain, et ce, face à la demande de la population en soins oculovisuels. Il m'apparait, quant à moi, aussi incontournable que l'infirmière l’est lorsqu’elle fait équipe avec le médecin, pour offrir des soins globaux de qualité. Je suis même tentée de dire que « pour chaque optométriste, un opticien » serait un beau slogan de ralliement pour l'avenir.

 

Notre « ennemi » et surtout, celui de notre clientèle, est ailleurs, il est sur le Web, là où il se dispense présentement des produits ophtalmiques sans aucuns recours aux services d'un professionnel. Ce qui nous distingue de ces vendeurs en ligne non professionnels, c’est justement cette valeur ajoutée du service rendu par un professionnel compétent, d’ailleurs reconnue dans le rapport du Comité d’experts. 

 

Puisque c'est ce service de qualité auprès du patient qui, plus que jamais, nous différencie et justifie notre présence, en collaboration avec nos collègues opticiens d’ordonnances et ophtalmologistes, il faudra bien être en mesure d’éviter les attaques interprofessionnelles stériles et improductives qu’on a connues au cours des dernières années, en étant capable d’accepter les « limites naturelles » qu’impose notamment l’essence même de chacune des professions en cause.  Vous aurez compris que je parle ici de la réfraction, soit le cœur de la profession d’optométriste. Je parle également de la dispensation de produits ophtalmiques, partie intégrante de l’optométrie, mais sans conteste aussi, le « cœur » de la profession d’opticien d’ordonnances, qu’il faut être en mesure de respecter, moyennant la souplesse voulue pour que les adaptations requises en ce qui concerne les interventions essentielles du personnel d’assistance puissent se faire dans le respect des compétences de chacun. Il y va de la survie d'une accessibilité rapide aux soins oculovisuels, et ce, dans toutes les régions du Québec.

 

 

Bref, pour la suite des choses, je nous souhaite à tous, la sagesse et la clairvoyance permettant de bien reconnaître nos alliés et surtout de bien identifier nos véritables adversaires. 

 


Dre Lise-Anne Chassé, optométriste
Présidente