Mot de la présidence

LangisMichaud

Une très bonne année!


Le 31 décembre au soir, quelques secondes avant minuit, c’est l’heure des bilans, de faire le point sur ce qui a marqué la dernière année et d’embrasser du regard le défi des jours à venir. De saluer ce qui s’en va et d’accueillir avec joie ce qui s’en vient. Célébrer l’équinoxe d’une période de notre vie. Dans tout cela, un homme, un départ nous interpelle immédiatement : Mandela. Parmi son immense legs, une phrase: « J'ai découvert un secret : après avoir gravi une colline, tout ce qu'on découvre, c'est qu'il reste beaucoup d'autres collines à gravir ».



Une première colline...

Dans le monde optométrique, la principale colline que nous ayons eue à gravir cette année fut le dossier des assistantes et son aboutissement, après maintes tentatives avortées de discussions avec l’Ordre des opticiens d’ordonnances du Québec (OOOQ), par la publication d’un projet de règlement encadrant leurs activités en pose, vente et ajustement de lentilles ophtalmiques. De nos consultations sur le sujet, il ressort que la très vaste majorité des professionnels rencontrés reçoivent très positivement ce projet, réalisant que le recours à du personnel d’assistance est la norme dans le monde de la santé. Il demeure, cependant, qu’il faut rappeler l’essence de la règlementation à venir.

La définir d’abord pour ce qu’elle est. Il s’agit d’un encadrement devenu nécessaire, afin de régler une situation ponctuelle qu’est celle de la pénurie d’opticiens d’ordonnances travaillant en cabinet optométrique, et de ce qui en découle, soit la menace de diminution de services à la population principalement dans le Québec des régions. Le tout, dans un contexte avéré d’une guérilla juridique entretenue par l’OOOQ. Plusieurs intervenants concernés en prennent acte et conviennent que le règlement devient alors un passage obligé. 

Dire également ce qu’elle n’est pas : une banalisation de l’offre de services professionnels des opticiens d’ordonnances. Au contraire, la règlementation prévoit que le travail des assistants ne pourra pas se faire de façon autonome, sans la supervision d’un optométriste ou d’un opticien d’ordonnances, et que les actes qu’ils pourront poser sont limités. À terme, notre objectif demeure le même : retrouver une équipe opticien-optométriste dans tous les cabinets optométriques, travaillant en saine et étroite collaboration, et ce, partout sur le territoire. En attente de la concrétisation de ce rêve, il faut toutefois prévoir une règlementation dont la clause crépusculaire limitera le potentiel de multiplier indûment le nombre d’assistants certifiés à l’avenir.


… à laquelle d’autres se succèdent.

Que nous réserve la suite, en 2014 ? Évidemment, s’assurer que le projet de règlementation suive son cours et soit adopté. Cela implique de maintenir le dialogue ouvert avec nos partenaires et s’assurer de répondre à toutes les questions qui pourraient émerger de la consultation publique. Cela implique également de rassurer les opticiens d’ordonnances travaillant pour des optométristes : leur place est non seulement assurée, mais nécessaire plus que jamais. Formé et encadré, le personnel d’assistance se voit certes reconnaître un apport essentiel qu’il a toujours eu et sans lequel l’organisation des soins oculovisuels au Québec n’aurait pu se développer, mais ce, sans nier la valeur d’avoir recours à un opticien d’ordonnances dans l’équipe.

Par la suite, continuer sur la lancée de discussions plutôt sereines et productives que nous avons entreprises avec l’Office des professions du Québec, le Collège des médecins et l’Association des médecins ophtalmologistes, concernant l’organisation des services oculovisuels au Québec. À cet effet, les planètes semblent bien alignées et il est possible que des développements ne tardent à intervenir. Notamment par l’introduction d’un nouveau cadre normatif qui donnera aux optométristes les outils essentiels afin qu’ils puissent jouer un rôle moderne et accru en première ligne des soins oculaires ET visuels. Je dis bien « et » puisque les deux ne peuvent être dissociés et qu’il y a moyen de les concilier dans un même exercice optométrique.

Nous commencerons également les travaux qui mèneront à la modernisation du Code de déontologie des optométristes. Cette réflexion constitue un vaste chantier auquel collaboreront plusieurs intervenants et experts. À terme, elle devra nous aider à définir ce que constituent le jugement professionnel et l’encadrement à mettre en place pour le protéger. C’est également une réflexion qui sera partagée avec d’autres ordres professionnels, dont les pharmaciens qui font face à des enjeux similaires en ce qui concerne le cadre de pratique. Tout comme eux, notre réflexion devra porter sur les pratiques commerciales existantes, de même que l’obligation pour le professionnel d’informer adéquatement le patient à chacune des étapes afin que ce dernier puisse en tout temps prendre une décision éclairée quant à la nature des soins, des services et des produits qui lui sont offerts. La liberté du patient d’exercer ses choix sans contrainte, en connaissant les options qui lui sont offertes, doit être une pierre angulaire de ce nouveau code, tout comme l’exercice du jugement professionnel doit se faire dans un contexte absent de conflits d’intérêts. Un dossier majeur à suivre et qui changera certainement le quotidien de plusieurs de nos collègues, et ce, pour le mieux, puisqu’ils pourront ainsi, travailleurs autonomes ou associés, exercer leur profession dans un encadrement alliant la protection du public et la responsabilité du professionnel que ce dernier engage à chaque patient qu’il rencontre. 

Cet équilibre entre protection du public et responsabilité de l’optométriste a conduit le Conseil d’administration à adopter récemment un changement aux lignes directrices touchant la recommandation, la prescription, la vente et l’administration de médicaments et de produits de santé naturels. En effet, il était temps que l’on revisite ces lignes directrices adoptées il y a près de 10 ans (voir l’article à ce sujet dans le présent Opto Presse) afin de clarifier certaines de ces pratiques commerciales et mieux encadrer la recommandation de ces produits devenus incontournables à nos patients.



Rendez-vous au sommet!

Demeure la question : 2014 sera-t-elle, optométriquement parlant, une bonne année ? Je puis vous assurer que l’Ordre des optométristes mettra tout en œuvre pour que ce soit non seulement une bonne année, mais une très belle année optométrique. Nous travaillerons avec nos partenaires professionnels (AOQ, CPRO, ÉOUM  et autres ordres) et du gouvernement afin que cela se traduise dans la réalité.


En attendant, acceptez mes meilleurs vœux ainsi qu’à vos proches et votre personnel pour cette année qui commence. Qu’elle vous donne la force et le courage d’affronter ensemble vos collines, la solidarité et l’entraide étant des outils indispensables à la réussite de l’expédition. En ce sens, saluons vos efforts quotidiens à assurer des soins oculaires et visuels compétents en toute protection à 3 millions de Québécois qui vous consultent annuellement. C’est pour eux que vous, tout comme nous, feront preuve de cette solidarité, unirons nos efforts et réussirons ainsi en 2014 à gravir bien d’autres collines. Je vous y donne rendez-vous, au sommet, le 31 décembre prochain! 

Dr Langis Michaud, optométriste
Président

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Bulletin officiel de l'Ordre
des optométristes du Québec
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