Le règlement sur les assistants optométriques : une solution transitoire afin de permettre l’accessibilité aux services oculovisuels partout au Québec

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Montréal — Le Règlement sur les actes qui peuvent être posés par un assistant optométrique suscite de nombreuses réactions. Certains craignant à tort le fait que ce règlement mette en danger la santé oculovisuelle des Québécois et vienne créer une forme de double standard, en prévoyant que l’assistant optométrique puisse accomplir les mêmes actes que de l’opticien d’ordonnances suite à une formation de 72 heures, soit une formation qui n’est en rien comparable à la technique en orthèses visuelles.

 

 

L’assistant optométrique ne peut agir de façon autonome

 

En effet, l’assistant optométrique ne bénéficie d’aucune autonomie, puisqu’il ne peut agir que sous la supervision étroite d’un optométriste ou d’un opticien d’ordonnances, ce qui assure que des services oculovisuels sécuritaires soient rendus au patient. Pour les mêmes actes que ceux visés au règlement, un opticien d’ordonnances peut agir seul, sans aucune forme de supervision.

 

 

Les activités visées par le règlement sont restreintes et ne correspondent pas au champ d’exercice complet de l’optique d’ordonnances

 

Les actes visés par le règlement sont limités à quatre actes techniques qui concernent le choix de la monture, la prise de mesures et l’ajustement de la monture. Les actes plus complexes de réalisation de l’ordonnance, du choix des lentilles ou de l’adaptation mécanique d’une lentille de contact sont toujours exclusifs à la pratique de l’optique d’ordonnances et de l’optométrie.

 

De plus, les assistants ne peuvent agir que sous supervision. La prise de mesures avant la commande doit notamment être vérifiée par l’optométriste ou l’opticien. Par ailleurs, dans le cas des ajustements, l’assistant ne peut agir qu’en présence d’un professionnel, disponible à court délai afin d’intervenir au besoin. Le professionnel doit également indiquer à l’assistant les procédures à respecter envers chaque patient.

 

En ce sens, la sécurité du public est garantie et les assistants ne peuvent prétendre, en aucun cas, remplacer l’opticien d’ordonnances.

 

 

Le patient est encore mieux protégé qu’auparavant

 

Auparavant, le travail des assistants n’était pas encadré. Avec l’entrée en vigueur du règlement, les assistants voulant bénéficier des nouveaux privilèges doivent être formés et seront ensuite encadrés par le règlement. L’Ordre des optométristes qui n’avait pas de contrôle sur leur travail avant la venue du règlement pourra maintenant agir auprès des assistants inscrits sur le registre.

 

Le travail technique demandé aux assistants permettra de plus aux opticiens de se concentrer sur les conseils aux patients, leur consacrer plus de temps pour leur fournir les produits correspondant le mieux à leur besoin visuel et procéder à la réalisation des ordonnances en y consacrant tout le temps nécessaire. Ils pourront donc mettre au service de la population la formation qu’ils ont reçue et qui va bien au-delà de l’exécution des gestes techniques permis aux assistants optométriques.

 

 

L’inscription au registre et la formation s’effectuent sur une période transitoire et limitée

 

Le règlement vise à permettre une transition sereine d’une situation où il n’y a pas assez d’opticiens d’ordonnances pour combler les postes disponibles, notamment en région, à une situation où les effectifs d’opticiens d’ordonnances seraient assez nombreux à cette fin, et ce, en évitant la multiplication des recours judiciaires des dernières années. Comme la très grande majorité de ses membres, l’Ordre des optométristes estime que l’avenir du secteur oculovisuel repose sur des bureaux fonctionnant en collaboration étroite entre les opticiens d’ordonnances, les ophtalmologistes et les optométristes.

 

 

Le programme de formation a été développé par des pédagogues afin de former adéquatement les assistants

 

La structure du programme de formation de 72 heures exigé par le règlement a été développée à l’aide de ressources spécialisées en pédagogie de l’École d’optométrie de l’Université de Montréal. Il est clair que ce programme ne vise pas à offrir le même niveau de formation que celui qui doit être complété par les opticiens d’ordonnances. Les exigences de formation ont été élaborées en collaboration avec des professeurs en optique ophtalmique de l’École d’optométrie de l’Université de Montréal afin de former l’assistant optométrique relativement aux actes de base en lunetterie et en optique ophtalmique rencontrés au sein d’un cabinet optométrique.

 

 

En terminant, l’Ordre demeure ouvert à collaborer afin de trouver des pistes de solutions avec les intervenants concernés du milieu, nous ne croyons toutefois pas que l’imposition d’un moratoire ou la suspension du règlement soit une solution viable compte tenu de la situation actuelle, plus spécialement en raison des risques de ruptures de services oculovisuels.

 

Soulignons également que l’Ordre des optométristes souhaite que l’offre actuelle de formation technique en orthèses visuelles, actuellement disponible dans trois cégeps, permettre rapidement de combler les besoins d’effectifs en optique d’ordonnances sur tout le territoire québécois.

 

 

L’Ordre des optométristes du Québec est un ordre professionnel constitué en vertu du Code des professions, de la Loi sur l’optométrie et des règlements applicables. Il a pour mission d’assurer la protection du public, en garantissant à la population la compétence, le savoir et le professionnalisme des quelque 1400 optométristes du Québec. L’appartenance à l’Ordre est obligatoire pour l’exercice de l’optométrie au Québec.

 

Informations : Mme Claudine Champagne, (514) 499-0524, poste 226, c.champagne@ooq.org

Référence utile :

· Règlement sur les actes qui peuvent être posés par un assistant optométrique

 

 

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