La vision et l'enfant

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La vision et l'enfant

L'importance de l'examen oculovisuel chez l'enfant

Quelques faits

  • 80 % de l’acquisition des connaissances passe par le système visuel au cours des 12 premières années de l'enfant. 
  • Actuellement, moins de 20 % des enfants consultent un optométriste (1 enfant sur 5). Pour les moins de 6 ans, ce chiffre passe à 14%.
  • 61 % des parents canadiens pensent à tort pouvoir déceler les problèmes visuels de leur enfant.
  • En préscolaire, 1 enfant sur 10 (10%) présente une condition oculaire ou visuelle pouvant nuire à son développement et à ses apprentissages
  • À l’école primaire, au moins un enfant sur cinq (20 à 25 %) n’a pas les capacités visuelles optimales pour assurer son apprentissage et sa réussite scolaire si ce problème demeure non corrigé.
  • 25 % des enfants entre 5 à 17 ans ont des problèmes visuels divers requérant un traitement par un optométriste (ou ophtalmologiste).
  • La myopie chez les enfants a doublé depuis les 20 dernières années et apparaît de plus en plus tôt.

Couverture des soins au Québec

  • L’examen oculovisuel de l’enfant de moins de 18 ans par l’optométriste est couvert par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).
  • À compter de septembre 2019, les moins de 18 ans bénéficieront de 250 $ pour l’achat de lunettes et lentilles, et ce, tous les 2 ans. Le montant sera remboursé par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

Dépistage des problèmes visuels chez l’enfant

Il est recommandé de faire examiner la vision d’un enfant chez qui aucun signe manifeste de problèmes particuliers n’est observé selon le calendrier suivant :

  • Vers l’âge de 6 mois
  • Vers l’âge de 3 ans
  • Avant l’entrée à l’école (4-5 ans)
  • Chaque année, de 6 à 18 ans

Toutefois, si l’enfant présente une condition visuelle particulière ou à risque, les suivis pourraient être faits plus régulièrement et des tests plus approfondis pourraient être requis.

Dès l’âge de 6 ans, l’examen oculovisuel de l’enfant est très similaire à celui de l’adulte, comme les traitements d’ailleurs. En effet, lorsqu’un problème visuel est découvert, il est généralement traité par des lentilles ophtalmiques (lunettes avec prescription), des exercices visuels (orthoptie) et même parfois par médication ou chirurgie. Il importe cependant que le traitement soit effectué le plus tôt possible, puisque, tout retard peut conduire au développement d’un œil amblyope (œil paresseux) ou des anomalies de la vision binoculaire (comme l’absence d’une bonne vision en trois dimensions).

Signes à surveiller chez l’enfant 

  • Ne suit pas le développement visuel anticipé.   Par exemple, ses yeux demeurent non coordonnés après l’âge d’un an ou l’enfant ne réagit pas au mouvement d’une personne ou d’un objet;
  • Cligne souvent des yeux, plisse le front ou se frotte les yeux;
  • Est très sensible à la lumière et ses yeux larmoient beaucoup;
  • Se cache un œil pour regarder, il fixe un point en tournant la tête;
  • Est inconfortable si l’un de ses yeux est caché, mais ne réagit pas si l’autre l’est;
  • Se cogne souvent et a de la difficulté à s’orienter;
  • À un œil qui semble dévier.

Facteurs de risques nécessitant une attention particulière

  • Malnutrition, carence alimentaire ou alcoolisme de la mère durant la grossesse;
  • Naissance prématurée ou bébé de petit poids à la naissance;
  • Enfant qui ne suit pas la courbe de développement physique normale;
  • Oxygénation intensive à la suite d’une carence grave à la naissance;
  • Antécédents familiaux de rétinoblastome, de cataracte congénitale ou de désordre génétique;
  • Infection de la mère durant la grossesse (rubéole, toxoplasmose, MTS, herpès, cytomégalovirus, VIH, etc.);
  • Détresse fœtale à la naissance, faible indice Apgar;
  • Maladie du système nerveux central (épilepsie, etc.);
  • Problème important de réfraction des parents, frères ou sœurs (forte myopie, hypermétropie ou astigmatisme);
  • Prise de médication avec effets secondaires oculaires.

Autres recommandations pour le bon développement de la vision chez l’enfant

  • Lors du travail au près et de l’utilisation des tablettes ou autres écrans, s’assurer que l’enfant travaille à une bonne distance de l’écran (pas trop près), qu’il utilise un bon éclairage et l’encourager à effectuer une pause de 30 secondes toutes les 30 minutes, en regardant au loin (au moins 30 mètres).
  • Lorsque l’enfant écoute la télévision, il doit demeurer dans une position assise, à une distance d’au moins deux mètres de l’écran. Lorsque celui-ci utilise l’ordinateur, une distance de 55 à 65 cm est requise, selon le format de l’écran.
  • Les activités de près, comme la lecture, les casse-têtes et le bricolage, devraient être effectuées à une distance d’au moins 30 à 40 centimètres, soit l’équivalent de la distance entre le coude et la phalange médiane du majeur. Comme pour bien d’autres activités, c’est souvent l’abus qui est source de stress et de fatigue pour l’œil. Une pause régulière est aussi recommandée. 
  • Le temps passé à l’extérieur aide également à prévenir l’apparition de la myopie chez les enfants. Il est d’ailleurs recommandé de passer au moins 45 minutes par jour à l’extérieur.
  • Suivre les recommandations de la Société canadienne de pédiatrie concernant l’usage des écrans. Avant l’âge de deux ans, ne pas permettre leur usage. De 2 à 5 ans, la recommandation est de moins d’une heure par jour et de deux heures par jour pour les 5 à 17 ans.

 

Pour en savoir davantage

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