Consultation OPQ: diagnostic en optométrie

Consultation de l’Office des professions du Québec

L’Ordre réaffirme le caractère incontournable du diagnostic en optométrie

Dans la foulée de l’adoption du projet de loi 43 par lequel l’Assemblée nationale du Québec a reconnu le droit des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de poser un diagnostic à l’égard de certaines conditions, et tenant compte de demandes soumises par d’autres ordres professionnels, notamment dans le secteur de la santé mentale, l’Office des professions du Québec a lancé au cours des derniers mois une consultation relative à la reconnaissance du diagnostic pour différentes professions dans le secteur de la santé physique.

Au Québec, une approche particulière qui a été développée au cours des dernières décennies était à l’effet que le diagnostic des maladies, troubles et déficiences devait être réservé aux médecins, alors que dans le cas des autres professionnels de la santé, les activités cliniques correspondantes devaient être qualifiées autrement, en utilisant le terme “évaluation” par exemple. L’Ordre a souvent manifesté son désaccord avec cette approche, qui n’a d’ailleurs pas résisté au test de l’analyse judiciaire, alors qu’en 2005, la Cour d’appel du Québec indiquait que les chiropraticiens peuvent procéder à un diagnostic dans le cadre de leur champ d’exercice.

Du côté optométrique, le diagnostic est d’abord et avant tout une réalité clinique, tant il est évidemment incontournable pour un optométriste qui doit bien cerner le problème oculovisuel de son patient, en vue de pouvoir déterminer un traitement approprié au plan des lentilles ophtalmiques, de l’orthoptique, de la médication ou des soins oculaires. Le diagnostic est ainsi très clairement inscrit dans le cadre du programme de doctorat en optométrie, tant celui de l’Université de Montréal qu’ailleurs en Amérique du Nord. Du reste, le diagnostic est aussi inscrit dans la réglementation de l’Ordre (concernant la tenue de dossier) et l’Ordre a déjà précisé dans des lignes directrices émises en 2010 que l’utilisation du terme “diagnostic” par les optométristes est autorisée. Par ailleurs, le diagnostic en optométrie est reconnu comme tel dans le cadre du régime d’assurance maladie du Québec. Bref, il s’agit autant d’une réalité clinique, académique, juridique qu’administrative.

C’est donc sans hésitation que l’Ordre a, dans le cadre de la réponse transmise à l’Office des professions, indiqué que s’il reste une étape à franchir relativement au diagnostic en optométrie, c’est celui de l’actualisation de la législation afin de rendre compte du fait qu’il s’agit d’une réalité déjà établie, sur plusieurs plans.