MOT DE LA PRÉSIDENCE

MOT DE LA PRÉSIDENCE


Par le Dr Éric Poulin, optométriste et président


 

Mécanique évolutive

Au cours des dernières années, la somme de connaissances nécessaires à l’exercice de l’optométrie a connu une progression fulgurante. Phénomène qui n’est pas près de s’essouffler.

Si la formation initiale dispensée par notre Alma Mater constitue le socle de nos connaissances et la porte d’entrée à la pratique, c’est la formation continue qui permet aux professionnels de maintenir et d’améliorer les diverses compétences nécessaires à l’exercice de leurs professions.

C’est le fondement même de notre système professionnel : en contrepartie du privilège pour les optométristes de bénéficier d’un titre et d’actes réservés, l’ordre professionnel se doit de garantir, par divers moyens, la compétence, les connaissances et le professionnalisme de ses membres.

Dans la réalisation de cette mission, l’inspection professionnelle constitue le partenaire essentiel de la formation continue et des professionnels.

Je profite du fait que notre nouveau règlement sur l’inspection professionnelle vous a été soumis dernièrement pour consultation pour vous présenter les fondements qui ont présidé à cette nouvelle mouture.

ÉVOLUTION

Évolution

La pandémie, encore elle, nous a forcé à nous réinventer.

La nécessité de restreindre le temps passé en contact rapproché avec nos patients nous a amenés à réfléchir à la pertinence et l’importance de chaque test, de chaque geste.

Au lieu d’accomplir mécaniquement une succession de tests constituant notre examen de la vue type, nous avons adapté notre pratique, jugé chaque situation clinique pour aller à l’essentiel. Fini la liste d’épicerie : c’est le jugement professionnel qui prime.

Je vous entends me dire que c’est bien beau tout ça, mais que dans le cadre d’une inspection, c’est plutôt une approche quantitative qui est utilisée pour juger de notre compétence. Du genre « est-ce que tous les tests ont été faits et notés au dossier ? ».

La pratique évolue, nos outils pour soutenir nos professionnels doivent le faire aussi.

Cette évolution était déjà en cours et souhaitée depuis un certain temps au sein de notre comité d’inspection professionnelle (CIP). La pandémie aura été, là aussi, un accélérateur de changement.

RAFFINER LA MÉCANIQUE

Dans un souci d’amélioration continue, un processus de refonte de notre inspection professionnelle a été entrepris en 2019.  Une recension des pratiques ayant cours dans les autres professions de la santé a d’abord été faite. Une représentante de l’Ordre a également participé à un chantier sur l’inspection professionnelle sous l’égide de l’Office des professions visant à faire ressortir les meilleures pratiques du domaine.

Une fois les constats faits et les buts arrêtés, les différents formulaires et questionnaires ont été revus pour refléter la nouvelle direction souhaitée. Au lieu de s’appuyer uniquement sur le dossier patient, l’inspection visera plutôt à mesurer la compréhension des divers éléments de l’examen et le niveau de compétence du praticien.

Plus de temps pour la discussion avec le professionnel et une emphase portée sur la réflexion qui sous-tend les décisions. Ce nouveau modus operandi sera graduellement implanté lors des futures inspections.

De nouveaux outils d’évaluation seront aussi utilisés, notamment l’évaluation orale structurée (EOS) et les possibilités liées aux nouvelles technologies (téléinspection) exploitées. Un processus de rétroaction sera également mis en place pour garder contact avec l’optométriste suite aux recommandations afin de participer au processus d’amélioration continue.

Au lieu de percevoir notre CIP, au mieux comme un mal nécessaire et au pire comme un instrument de coercition, nous voulons que celui-ci soit perçu comme un partenaire de notre réussite.

Comme peut l’être un entraîneur ou un professeur qui nous sert de guide et nous aide à nous améliorer, à réussir.

Comme dans tout processus d’apprentissage, il faut toutefois aussi pouvoir mesurer les acquis et apprécier les aptitudes. C’est le propre de l’examen et l’essence même de l’inspection professionnelle : mesurer pour se comparer et s’améliorer. S’assurer que le processus de formation continue est efficace en évaluant notre compétence et, en cas d’échec, nous aider et nous soutenir.

L’adoption d’un nouveau règlement sur l’inspection professionnelle vise essentiellement à soutenir cette évolution des pratiques de notre CIP.

Nos collègues du CIP ont fait un travail colossal dans le cadre de cette refonte, soit faire évoluer une mécanique éprouvée vers un nouveau modèle plus contemporain sans en perdre la substance et la valeur. Elles peuvent en être très fières.